Travailler en Thaïlande

Travailler en Thaïlande, ça en fait rêver plus d’un. Cependant la concurrence est rude et les conditions d’accès au marché du travail pour un étranger peuvent s’avérer compliquées. Voici tout ce que vous avez à savoir pour favoriser vos chances d’obtenir un emploi en Thaïlande.

Edit du 31/07/2018: 

C’est une bonne nouvelle! Sur les 39 professions interdites aux étrangers, 12 devraient maintenant être autorisées. Ce qui réduit la liste a 28 professions interdites.

Parmi les 12 professions qui vont se voir retirées de la liste figurent la maçonnerie, la menuiserie et d’autres travaux de construction, a la condition que les travailleurs migrants devront demander une autorisation avant de pouvoir occuper ces emplois.

Les autres activités concernent l’agriculture, l’élevage, la sylviculture ou la pêche, la prestation de services en comptabilité (sauf la vérification interne), la fabrication de matelas, la coutellerie, le génie civil, l’architecture, la couture et la poterie.

Egalement, la nouvelle loi prévoit également un plafonnement de l’emploi des étrangers a 20% soit 1 employé étranger pour 5 employés Thaïlandais.

Autre changement:

En conséquence, tout étranger qui a un permis de travail en Thaïlande peut maintenant travailler n’importe où, pour n’importe qui (y compris lui-même), dans n’importe quelles conditions, et faire n’importe quel type de travail, qui n’est pas exclu par la liste officielle.

Auparavant, les étrangers qui devaient obtenir un permis de travail pour travailler n’avaient pas le droit d’effectuer n’importe quel travail, pour n’importe quel employeur, n’importe où et dans n’importe quelles conditions si celles-ci n’étaient pas détaillées et, par conséquent, permises dans le permis de travail lui-même.

Contrainte à l’embauche.

L’accès à l’emploi est hyper concurrentiel pour les expatriés, car il faut dire que la destination est idyllique.

Mais ce n’est pas la seule raison. Si le marché de l’emploi est difficilement accessible  pour les « Farang » (Étrangers occidentaux), c’est aussi, car la Thaïlande, comme la plupart des pays asiatiques, à une politique protectionniste vis-à-vis de du marché du travail.

Ainsi l’Alien Employment Act, liste plus de 39 Métiers interdits aux étrangers. Mais ce n’est pas tout :

  • L’entreprise voulant embaucher un étranger doit justifier de cinq salariés thaïs pour un étranger et doit apporter la preuve que le travail que vous effectuerez ne peut pas être réalisé par un Thaïlandais.
  • Le capital social de l’entreprise doit être égal ou supérieur à deux millions de bahts (50.000€) par permis de travail.
  • Le salaire minimum qui vous sera accordé est de 50.000 bahts, soit 1.000 € par mois alors qu’un salarié thaï touche en moyenne 15.000 bahts (400€).

Dans ces conditions, il semble alors extrêmement compliqué de trouver un travail là-bas.

Des métiers interdits aux étrangers.

En plus des conditions citées ci-dessus, l’Alien Employment Act, liste plus de 40 Métiers formellement interdits aux étrangers :

  1. Travail manuel
  2. Travail dans l’agriculture, la pêche ou la sylviculture, sauf les métiers nécessitant desconnaissances spécifiques ou superviseur de ferme.
  3. Maçonnerie, charpenterie ou autres métiers du bâtiment
  4. Sculpture sur bois
  5. Conduite de véhicules à moteur ou non (sauf pilotes d’avions international)
  6. Vendeur des rues
  7. Activité de vente aux enchères
  8. Superviseur, vérificateur ou donneur de services comptable, à l’exception parfois d’audit interne
  9. Taillage ou polissage de pierres précieuses ou semi-précieuses
  10. Coiffeur ou esthéticien
  11. Tissage à la main
  12. Travail sur paille, bambou, rotin ou roseau
  13. Fabriquer du papier de riz à la main
  14. Laqueur
  15. Fabrication d’instruments de musique thaïs
  16. Le niellage ou niellure (orfèvrerie).
  17. Orfèvrerie
  18. Travail de la pierre
  19. Fabriquer des poupées thaïlandaises.
  20. Tapissier ou matelassier
  21. Fabriquer des bols à aumône
  22. Fabrication de produits en soie fait main
  23. Fabrication de bouddhas
  24. Fabrication de couteaux
  25. Fabrication de parapluies en tissu ou en papier
  26. Cordonnier
  27. Chapelier
  28. Courtage, à l’exception de courtage dans le commerce international
  29. Profession d’ingénieur en génie civil concernant la conception et de calcul, systématisation d’analyse, de planification, le contrôle, la supervision de la construction ou services de consultant, à l’exclusion de travaux nécessitant des techniques spécialisées
  30. Architecture, pour tout ce qui concerne la conception, l’élaboration, l’estimation des coûts ou de consultation.
  31. Fabrication d’habits
  32. Potier en céramique
  33. Fabrication de cigarettes
  34. Guide ou tour opérateur
  35. Colportage de marchandises
  36. Composition thaïe à la main
  37. Tissage de la soie
  38. Secrétariat ou travail de clerc
  39. Services ou Métiers juridiques

Mais il y a aussi des opportunités…

Lorsque l’on lit la liste ci-dessus, la situation peut sembler désespérée. Mais en Thaïlande il y a aussi des secteurs potentiels qui recrutent. Parmi eux, vous pouvez focaliser votre recherche sur :

  • L’import-export
  • L’industrie
  • L’électronique
  • La bijouterie
  • Les hautes technologies
  • L’éducation
  • La restauration
  • L’hôtellerie
  • La vente et le marketing
  • Le textile

À cette liste peut aussi venir s’ajouter les moniteurs de plongée ou les digital nomad, n’ayant besoin que de leur PC et d’une connexion internet pour travailler.

Rechercher un emploi en Thaïlande :

Si malgré toutes ces informations vous vous sentez d’attaque pour trouver un emploi en Thaïlande, alors voici pour vous une liste qui pourra vous aider dans votre recherche :

Une autre solution consiste à scruter régulièrement les portails de recrutement des grandes entreprises qui sont bien implantées en Asie comme Agoda ou le groupe AccorHotel qui publient des annonces de façon régulière.

Je recommande également d’adhérer à des groupes d’expatriés implantés en Thaïlande sur Facebook. Il y a souvent des annonces sur ces groupes.

Sachez également que la Chambre de Commerce Franco-Thaï propose un livre qui liste  plus de 300 entreprises implantées en Thaïlande avec les contacts de celles-ci ainsi que des salons pour trouver un emploi :

Pour finir, et comme toujours dans une recherche d’entreprise, ne négligez pas le networking et soigné votre liste chaude !

Contrat de travail

Il est préférable d’avoir une preuve écrite de votre contrat, même si cela n’est pas obligatoire, avec toutes les clauses inscrite dedans :

  • Statut
  • Période d’essai
  • Fonction
  • Congés
  • Salaire

Sauf en cas de faute professionnel de votre part, vous pouvez prétendre à une prime de licenciement allant de 1 à 10 mois selon votre ancienneté. Cette prime s’éleve à 50% du salaire de base, et à 30% si c’est vous qui démissionnez.

Pour rappel votre salaire minimum doit être de 50.000 bahts.

Impôts sur le revenu

Le montant de votre impôt sera calculé en fonction de votre revenu net et de la tranche d’imposition à laquelle vous appartenez :

  • Inférieurs à 150 000 Bahts : 0 %
  • De 150 001 à 500 000 Bahts : 10%
  • De 500 001 à 1 million Bahts : 20%
  • De 1 à 4 millions Bahts : 30%
  • Supérieur à 4 millions Bahts : 37%

Monter son affaire en Thaïlande.

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient monter leur business en Thaïlande, sachez que vous devrez obligatoirement disposer de 3 associés, dont un de nationalité Thaï qui doit être détenteur du capital à hauteur de 51%.

Comme dans le cas d’une embauche, vous devrez justifier au minimum de 2 millions de bahts au capital pour obtenir votre permis de travail. 2 millions de bahts venant de votre poche cette fois et non plus de celle de votre employeur.

Enfin il faut payer un avocat à hauteur de 45 000 bahts pour que celui-ci se charge de rédiger les statuts de votre société, de l’inscrire au registre du commerce et de vous obtenir votre permis de travail.

Source : http://gavroche-thailande.com/s-implanter

Comprendre la situation du pays.

Avant de conclure cet article, il est temps de faire un léger tour d’horizon du paysage économique et politique de la Thaïlande.

Principales industries en Thaïlande :

Pas de grandes surprises sur les principales industries de la Thaïlande, elles correspondent à peu près aux principaux secteurs qui recrutent potentiellement.

On y retrouve principalement :

  • Le tourisme
  • L’industrie agroalimentaire, textile et électronique
  • L’industrie automobile
  • L’industrie du minerai
  • L’industrie des services

Mais aussi les boissons, le tabac, le ciment, les biens manufacturés légers (Joaillerie et électroménager), l’informatique et pièces détachées, les meubles, et le plastique,

Économie & Politique :

La Thaïlande bénéficie d’un marché de l’emploi dynamique avec un taux de chômage très bas à 0.9%  ce qui fait d’elle le pays avec le taux d’embauche le plus élevé de l’Asie du Sud-Est.

Cependant, depuis 3 ans, la croissance peine à reprendre et la Thaïlande se retrouve bonne dernière des pays de l’Asie du Sud-est avec +2.9% en 2014.

L’économie de la Thaïlande, qui repose en grande partie de ses exportations, pourrait également souffrir dû aux résultats des élections américaines et en cas de crise financière en Chine, principal partenaire du pays.

Le surendettement des foyers thaïlandais qui souscrivent le plus souvent à des crédits revolver pourrait faire émerger une crise financière comparable à celle de 1998 et avoir des répercussions sur l’emploi.

La stabilité du pays reste fragile après la prise de pouvoir par l’armée (très conservatrice) en mars 2014 qui est encore aujourd’hui à la tête du gouvernement. La mort du Roi en 2016 participe également à l’incertitude politique du pays.

Le faible cours du baht qui dure depuis 2 ans ne favorise pas les échanges commerciaux. Comprenez que lorsque vous êtes expatrié, mieux vaut ne pas se faire payer en Euros actuellement.

Travailler en Thaïlande, la conclusion :

Vous l’aurez compris, vivre ou s’implanter durablement en Thaïlande n’est pas une affaire aisée. Comme pour n’importe quelle destination, il faut se renseigner sur son pays d’accueil et avoir conscience des barrières qui s’opposent à l’entrée qu’elles soient légales, politiques ou économiques. Je ne pense pas que cela soit impossible ou insurmontable du moment que vous avez un projet bien défini en adéquation avec les règles du pays. Force et courage à tous !

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